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Gravité d'un problème ou problème de gravité

paru dans
réaction suite à l
auteur du texte
Nicolas Maury

De l'inconséquence de modifier un article!

petit message de Noël Bertrand:

30 juin 2000

Sender: vollibre@compuserve.com (Noel BERTRAND)
To: defilevant@aol.com (Defi levant)

Cher amis, Cher Jean

Dans VL 287 nous publiions un récit plein de gravité sur la progression automnale du Défi Levant, le tour de la terre en delta de jean Souviron.
Comme le remarque avec humour Nicolas Maury, nous avons gravement offensé l'auteur par une coquille inacceptable qui change fondamentalement le sens de son texte. Nous ne savons même plus comment nous excuser à défaut de nous faire couper les 2 mains pour ne plus pouvoir ploufer en delta les dimanche de novembre! Il nous avait écrit: " Pas de miracle donc, Dieu ne travaille pas le dimanche ; le pilote finit donc par se poser et annonce avec gravité :’’Newton avait raison’’ " Gravement grave, voire graveleux, Vol Libre a publié, quelle horreur: " Pas de miracle donc, Dieu ne travaille pas le dimanche ; le pilote finit donc par se poser et annonce gravement :’’Newton avait raison’’ "
Il nous reste donc le suicide à la limonade ou une grosse grève grunge à moins de voler avant la grêle en grande UP Groove grise/grenat pour rejoindre dans le gradient la grappe de grives grasses et grégaires sans se faire gronder, griffer ou griller par Nicolas grognon et ses groupies dont nous implorons la grâce!

Merci d'avoir la gentilless de publier ces excuses elles-aussi empreintes de distance humoristique en face du billet d'humeur qui m'a fait pisser de rire!

Bon vent dans cette nouvelle étape du Défi! Tenez nous au courant.

Amitiés

Noël

Vous avez tous lu l'ineffable prose de notre artiste Philippe Chelle dans le dernier Vol Libre (sinon reportez-vous à la page presse pour l’intégralité de l’article), et un grave problème nous est apparu pour lequel il est, je crois, nécessaire de faire de brefs rappels historiques et physiques sur notre chère théorie de la gravité.
C’est en 1687 que l’illustre sir Isaac Newton publia ses Philosophiae naturalis principia mathematica passionnante et monumentale œuvre dans laquelle est explicitée la gravitation. C’est bien-sur selon la légende la chute d’une pomme qui fit aboutir Newton à la grande formule F=G.M1.M2/r2.
Ce magnifique « morceau d’éternité », comme Einstein nommait les équations, nous montre que deux corps possédant une masse subissent l’un et l’autre une force qui les attire, proportionnellement à leur masse et inversement proportionnellement au carré de leur distance. Extraordinaire !

Enfin était expliqué le comportement de tous les corps, du plus petit au plus grand, ainsi que les observations terrestres et célestes. Tous les corps tombent l’un vers l’autre ! La lune, comme l’explique merveilleusement Feynman, est en chute libre vers la terre mais du fait de sa vitesse, la rate constamment ! Et la pomme attire la terre autant que celle-ci l’attire, mais l’inertie due à la masse de la terre fait que c’est la pomme qui se déplace. La gravité !
Evidemment de nouvelles théories ont vu le jour, la relativité générale en 1915 de notre cher Albert, et la très déroutante mécanique quantique pour laquelle Albert n’y est pas pour rien non plus, malgré ses réticences qui le tenaient persuadé que Dieu n’avait aucun goût pour le 421.
Mais, elles ne font que compléter ce qui fut d’après Stephen Hawkins (l’actuel successeur de Newton à la plus prestigieuse chaire du monde : celle de mathématiques de Cambridge), « l’œuvre la plus importante jamais réalisée par un seul homme », j’entends la théorie de la gravitation de Newton.
Alors me direz-vous, quel rapport entre le génie visionnaire d’Isaac et le génie littéraire de Philippe Chelle, lorsqu’il écrit un article sur Défi Levant dans Vol Libre magazine en juin 2000 ? Mais le niveau bien-sûr, le niveau auquel le lecteur est transcendé, « quand le lecteur se sent intelligent, c’est l’auteur qui l’est ! ». Ne soyons pas modeste. Et qu’est ce qui caractérise le génie dans « le sommet de ses forces créatrices » (encore et toujours, Newton) ? L’incompréhension du monde dans lequel ils vivent, évidemment.
Cette incompréhension s’est manifestée dans toute sa désolation quand Philippe envoya son article sous presse : vous pouvez lire, à la fin de la version originale, le sublime morceau suivant, je cite :
« Pas de miracle donc, Dieu ne travaille pas le dimanche ; le pilote finit donc par se poser et annonce avec gravité :’’Newton avait raison’’ »
Je vous laisse contempler la tournure de cette phrase et en admirer la poésie mêlée à l’esprit, bien qu’on ne la savoure complètement que dans l’intégralité de son contexte (je me permets de vous y renvoyer une dernière fois).
Merveilleuse ode du pilote qui, prétentieusement, a voulu se placer au-dessus de Newton (qui lui, a toujours gardé les pieds sur terre), puis, réalisant la grandeur du maître face au taux de chute de son aile, reconnaît la réalité de l’univers et avoue, dans la dignité, que sa défaite est lourde car P=m.g (avec m la masse en kilogramme et P le poids en … newton !)
Pour aussitôt retomber dans la dure et basse réalité du monde actuel : nous sommes en l’an 2000 et la place des grands esprits semble cédée à la rentabilité, la rapidité, la technologie et le menu maxi best-of. C’est avec horreur et déconcertation que Philippe me téléphone hier pour me demander si j’avais relu son article dans Vol Libre, et de me faire remarquer la transformation de sa phrase, imprimée à des milliers d’exemplaires sous la forme :
« Pas de miracle donc, Dieu ne travaille pas le dimanche ; le pilote finit donc par se poser et annonce gravement :’’Newton avait raison’’ »

Alors, je n’aurai qu’un mot : dommage…

Nicolas Maury
page mise à jour le 08/03/2008 page mise à jour le 08/03/2008 et visitée 3825 fois.
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